Observer consciemment : le yoga du choix et de la liberté

Quand on se sent concerné par des dépendances ou des habitudes qui nous contrôlent, on aspire forcément à retrouver une forme de liberté, notamment une liberté d’agir.
 

Si l’on remonte à la Rome Antique, l’addictio n’était pas un diagnostic médical, mais une sentence juridique. Elle désignait ce moment précis où, ne pouvant honorer une dette, un citoyen était officiellement « adjugé » à son créancier par un juge. Il perdait alors son statut d'homme libre pour devenir son esclave, contraint de le servir pour rembourser son dû.

 

Pour comprendre comment l’état de conscience nous permet de retrouver cette liberté d’agir, il y a le regard très utile de Viktor Frankl, psychiatre et survivant de l'Holocauste, père de la Logothérapie, qui a su trouver sa propre liberté même face à l'horreur absolue de la déportation. Et il nous dit : 

 

« Entre le stimulus et la réaction, il y a un espace. Dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans cette réponse réside notre liberté. »

L'illustration du concept de Viktor Frankl (stimulus, espace et réponse)

Imaginez le stimulus (ou signal), comme : 

  • la petite pensée qui rappelle à l’envie de consommer ou de répéter l’addiction, 

  • ou la petite voix qui dit “à quoi bon, ça ne changera rien” 

  • ou l’émotion douloureuse qui incite à la consommation ou à l’action compulsive

 

La conscience, c’est cet espace, depuis lequel on observe en profondeur ce stimulus et notre réaction, avec toute notre attention et notre ressenti.

 

La réponse, c’est l’action que nous réaliserons vis-à-vis du stimulus en question.

 

Moins il y a de conscience, plus l’espace entre le stimulus et la réponse est resserré. C’est ce qu’on appelle un réflexe ou une réaction ! C’est-à-dire qu’il n’y a aucun choix conscient entre le déclencheur / signal et le comportement que nous avons adopté.

 

Donc plus il y a de conscience, plus cet espace s’étire !

Plus cet espace est étiré, plus cela laisse de place au choix. 

 

Et ainsi, en pratiquant régulièrement le fait d’observer et notamment celui d’observer ce qui se passe chez nous (par ex. notre état, nos émotions, nos réactions, nos pensées et tout ce qui enclenche ces phénomènes), on rend ce muscle de la conscience plus souple et on renforce alors notre capacité à choisir quel comportement adopter.
 

Alors imaginez justement prendre deux minutes pour parcourir consciemment, avec ce regard intérieur, l’ensemble du dispositif qui constituent ce piège à loup invisible… 


Peut-être qu’il existe un bouton que le chasseur utilisera pour récupérer sa proie ? Forcément, si le piège serre si fort, c’est qu’il y a quelque part un ou plusieurs ressorts ? Comment est-il fixé ?

 

Voilà la posture que je vous invite chaleureusement à adopter quand il s’agit d’une addiction... 
 

(Et oui, il est possible qu’à un moment, il vous manque quelques outils ou un certain recul pour trouver le ressort ou le bouton. C'est là qu'une aide extérieure est souvent judicieuse...)


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