Pendant longtemps, le regard sur l’addiction a été teinté de jugement moral ou de froideur médicale. Mon approche, nourrie par vingt ans de vécu personnel et d'accompagnement, s'inspire d'une définition simple et déculpabilisante :
« Une addiction, c’est simplement une habitude avec des conséquences majoritairement négatives à laquelle il semble compliqué, voire impossible, de mettre fin. »
Qu'il s'agisse de substances (sucre, tabac, alcool) ou de comportements (écrans, dépendance affective, achats compulsifs), l'addiction n'est pas une tare ni un manque d'intelligence. C’est un voyant rouge sur votre tableau de bord qui indique que quelque chose, dans le système de votre existence, a besoin d’être entendu.
Imaginez-vous pris dans un piège à loup. Face à cette douleur, quatre réactions sont possibles :
L’immobilisme : Attendre que le piège se rouvre seul (souvent faute de solutions ou par épuisement d'avoir essayé en forçant)
L’appel au secours : Chercher une aide extérieure immédiate (encore faut-il trouver la personne avec les bons outils)
Le combat (La volonté) : Se débattre avec force au risque de s'infliger des blessures plus graves (découragement, honte).
C’est ce mode « observateur », ou en conscience, qui apporte le plus de clés pour s'extirper du piège. En observant ses mécanismes, on peut comprendre progressivement comment il nous retient prisonnier et identifier les ressorts / boutons à manipuler pour pouvoir en sortir.
Dans le voyage vers votre bien-être, qui tient les commandes ?
Le Pilote 1 (Vous) : C'est celui qui vit l'expérience de l'intérieur, qui voit clairement le cockpit et tout ce qui s'y passe ?
Mon rôle est d’être votre guide. Je ne suis pas là pour vous « sauver » — ce qui créerait une nouvelle dépendance — mais pour volier à vos côtés et vous aider à déchiffrer vos propres instruments de navigation : vos émotions, vos besoins et votre intuition.
Comme l'explique Gabor Maté :
« L’addiction est une tentative de résoudre un problème : celui de la souffrance émotionnelle, du stress ou de la perte de connexion ».
Elle joue souvent le rôle de tampon émotionnel. Tant que nous n’avons pas d’autres outils pour apaiser un vide ou une angoisse, l’addiction reste la "solution" par défaut de notre système nerveux.
En thérapie, nous ne cherchons pas seulement à "arrêter", mais à comprendre quel besoin vital l'addiction tente (imparfaitement) de combler, pour résoudre ce besoin autrement et d'une manière qui vous sera facile et naturelle à adopter.
Viktor Frankl, le père de la logothérapie (thérapie par le sens), nous offre une autre clé très utile lorsqu'il s'agit des addictions...
Entre le signal (l'envie de consommer) et votre action, il existe un espace.
Plus cet espace est court, plus nous agissons par réflexe.
Notre travail est d'apprendre étirer cet espace grâce à la conscience.
Parce que c'est dans cet espace que réside le pouvoir de choisir une réponse différente et donc la liberté.