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Comprendre l'addiction

Les envies, les pensées permissives et autres ressorts de l’addiction

Une pensée permissive est une petite phrase intérieure qui autorise la consommation alors qu'une part de vous voulait s'abstenir. Voici comment la reconnaître, avec les envies, le déni et les autres ressorts.

19 février 2026 · 2 min.

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Les envies, les pensées permissives et autres ressorts de l’addiction

Une pensée permissive, c'est une petite phrase intérieure qui vous autorise à consommer alors qu'une part de vous voulait s'abstenir. « Une dernière fois », « on verra demain », « ce n'est pas grave » : elle négocie, désarme la vigilance, et c'est souvent elle — plus que le manque de volonté — qui fait basculer la soirée.

Qu'est-ce qu'une pensée permissive ?

Elle ne crie pas. Elle négocie. Sous des airs anodins, elle désarme la part de vous qui voulait tenir : quelques mots, et la porte s'ouvre à l'envie.

Voici des exemples concrets, et comment cette pensée s'articule avec les envies, le déni et les autres ressorts de l'addiction.

Quatre termes du même champ

Craving (envie) : une tension intérieure qui rappelle l'objet de l'addiction, souvent avec des images mentales et l'anticipation d'un état recherché — détente, énergie, vide, confiance. Les pensées permissives en sont souvent les complices.

Déni : minimiser ou ignorer l'ampleur du problème pour protéger une image de soi encore tenable. Ce n'est pas de la mauvaise foi : c'est souvent un mécanisme de survie psychologique, qui laisse la pensée permissive parler à votre place.

Rechute : le retour à la consommation ou au comportement après une période d'arrêt. Elle n'efface pas le chemin déjà parcouru ; elle signale un besoin ou un déclencheur encore mal couvert — et souvent une pensée permissive restée invisible.

Codépendance : les manières dont un proche s'organise autour de l'addiction de l'autre — contrôle, sauvetage, silence — au point d'oublier ses propres besoins. Les remarques jugeantes des proches peuvent d'ailleurs renforcer la honte et, avec elle, l'addiction.

Les ressorts qui maintiennent l'addiction

Parmi tous les ressorts qui maintiennent l’addiction en place, c’est-à-dire les forces inconscientes qui jouent contre nous, voici une liste non exhaustive des mécanismes généralement présents :

les envies qui se manifestent par :

une tension intérieure

des pensées récurrentes de l’objet de l’addiction

et quelques sentiments positifs liés à l’état recherché (détente, vide, créativité, énergie, confiance, etc.)

Les pensées permissives sont souvent complices des envies. Elles sont imprégnées d'émotions particulières, comme le découragement et la résignation :

“On verra ça demain” ;

“C'est pas grave, une dernière fois…” ;

“Tu as encore le droit” ;

“Il faut bien mourrir de quelque chose” ; etc.

La peur de nos ressentis et la peur de souffrir S’il y a un terrain propice commun aux addictions, c’est bien celui des familles où les émotions font peur ou n’ont pas leur place. L’invalidation de nos émotions plus jeune implique fréquemment, dans le développement, une recherche grandissante pour les éviter. Et donc, bienvenue aux addictions ! Mais comme l’explique Gabor Maté : “C'est la tentative d'échapper à [l’inconfort] et à la douleur qui crée davantage [d’inconfort et] de douleur.”

La peur du vide Victor Hugo disait : “L'esprit, comme la nature, a horreur du vide. Dans le vide, la nature met l'amour ; l'esprit, souvent, y met la haine. La haine occupe.” À notre époque, on peut généralement remplacer “la haine” par “la consommation” ou “le divertissement”. Cette peur du vide est souvent la raison pour laquelle le simple fait d’enlever une addiction n’est pas un gage de succès. Et c’est aussi la raison pour laquelle de nombreuses personnes ont peur d’arrêter. Soit parce qu’elles craignent leurs réactions sans la béquille de l’addiction, soit parce qu’elle n’arrive pas à concevoir leur vie sans cette occupation (et c’est pour cette raison qu’il est important de la créer / construire en parallèle !)

La force de l’habitude Il ne faut surtout pas la sous-estimer, car notre cerveau adore l’habitude. Il ira même jusqu’à préférer ce qui est familier de ce qui est sain (mais nouveau !).

La culpabilité ou toute autre forme d’autocritique ou de jugement moral

“Je manque de volonté” ;

“C’est moi le problème” ;

“Je ne mérite pas de m’en sortir” ;

“Je suis mauvais, la punition est sûrement méritée” En s’associant pleinement à nos comportements compulsifs, sans comprendre qu’ils sont principalement le fruit de notre inconscient, on a tendance à s’auto-condamner, à se punir, et donc à rester enfermé dans ce qui nous fait souffrir, notamment l’addiction. C’est une forme de double peine terrible. D’ailleurs cela vaut aussi pour les proches : attention aux remarques jugeantes, culpabilisantes ou moralisatrices, elles risquent d’enfoncer le clou et de renforcer le mécanisme : plus de critiques → plus de honte/culpabilité → plus grand mal-être → addiction décuplée.

L’identité et la volonté d’appartenance : Il est possible (pas systématique) qu’au départ de notre histoire avec les addictions, nous ayons consciemment ou inconsciemment décidé que le fait de consommer des cigarettes, des pétards, de l’alcool ou toutes autres substances nous donnait l’air “cool”, rebelle et libre. Peut-être pour s’émanciper d’une autorité parentale un peu trop étouffante, ou pour faire réagir un ou des parent(s) un peu trop soumis ou simplement parce que ce genre de rituels nous permettait de nous intégrer auprès des personnages plus complexes, torturés, énigmatiques, des bad boys et des têtes brûlées.

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Silhouettes en montagne : une main tendue pour aider à gravir le sommet
  1. 01Mieux comprendre vos mécanismes liés à l'addiction
  2. 02Cerner vos enjeux pour en sortir
  3. 03Valider ensemble si cet accompagnement peut vous aider