Les envies, les pensées permissives et autres ressorts de l’addiction
Parmi tous les ressorts qui maintiennent l’addiction en place, c’est-à-dire les forces inconscientes qui jouent contre nous, voici une liste non exhaustive des mécanismes généralement présents :
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les envies qui se manifestent par :
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une tension intérieure
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des pensées récurrentes de l’objet de l’addiction
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et quelques sentiments positifs liés à l’état recherché
(détente, vide, créativité, énergie, confiance, etc.)
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Les pensées permissives
Elles sont souvent complices des envies et imprégnées d’émotions particulières, comme le découragement et la résignation :-
“À quoi bon… ?” ;
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“On verra ça demain” ;
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“C'est pas grave, une dernière fois…” ;
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“Tu as encore le droit” ;
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“Il faut bien mourrir de quelque chose” ; etc.
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La peur de nos ressentis et la peur de souffrir
S’il y a un terrain propice commun aux addictions, c’est bien celui des familles où les émotions font peur ou n’ont pas leur place. L’invalidation de nos émotions plus jeune implique fréquemment, dans le développement, une recherche grandissante pour les éviter. Et donc, bienvenue aux addictions ! Mais comme l’explique Gabor Maté :
“C'est la tentative d'échapper à [l’inconfort] et à la douleur qui crée davantage [d’inconfort et] de douleur.”
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La peur du vide
Victor Hugo disait : “L'esprit, comme la nature, a horreur du vide. Dans le vide, la nature met l'amour ; l'esprit, souvent, y met la haine. La haine occupe.” À notre époque, on peut généralement remplacer “la haine” par “la consommation” ou “le divertissement”.
Cette peur du vide est souvent la raison pour laquelle le simple fait d’enlever une addiction n’est pas un gage de succès. Et c’est aussi la raison pour laquelle de nombreuses personnes ont peur d’arrêter.
Soit parce qu’elles craignent leurs réactions sans la béquille de l’addiction, soit parce qu’elle n’arrive pas à concevoir leur vie sans cette occupation (et c’est pour cette raison qu’il est important de la créer / construire en parallèle !)
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La force de l’habitude
Il ne faut surtout pas la sous-estimer, car notre cerveau adore l’habitude. Il ira même jusqu’à préférer ce qui est familier de ce qui est sain (mais nouveau !).
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La culpabilité ou toute autre forme d’autocritique ou de jugement moral
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“Je manque de volonté” ;
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“C’est moi le problème” ;
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“Je ne mérite pas de m’en sortir” ;
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“Je suis mauvais, la punition est sûrement méritée”
En s’associant pleinement à nos comportements compulsifs, sans comprendre qu’ils sont principalement le fruit de notre inconscient, on a tendance à s’auto-condamner, à se punir, et donc à rester enfermé dans ce qui nous fait souffrir, notamment l’addiction. C’est une forme de double peine terrible.
D’ailleurs cela vaut aussi pour les proches : attention aux remarques jugeantes, culpabilisantes ou moralisatrices, elles risquent d’enfoncer le clou et de renforcer le mécanisme : plus de critiques → plus de honte/culpabilité → plus grand mal-être → addiction décuplée.
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L’identité et la volonté d’appartenance :
Il est possible (pas systématique) qu’au départ de notre histoire avec les addictions, nous ayons consciemment ou inconsciemment décidé que le fait de consommer des cigarettes, des pétards, de l’alcool ou toutes autres substances nous donnait l’air “cool”, rebelle et libre.
Peut-être pour s’émanciper d’une autorité parentale un peu trop étouffante, ou pour faire réagir un ou des parent(s) un peu trop soumis ou simplement parce que ce genre de rituels nous permettait de nous intégrer auprès des personnages plus complexes, torturés, énigmatiques, des bad boys et des têtes brûlées.
