La sortie de l'addiction comme chemin spirituel

 

Une autre manière de considérer l’addiction, c’est celle du chemin spirituel.

Évidemment, cette considération n’est pas pour tout le monde et il n'y a aucun besoin d’être ouvert.e à la spiritualité pour surmonter une addiction. C’est simplement une vision aidante de plus, à l’attention de celles et ceux qui y sont sensibles.

 

Pour l’illustrer, il y a cette parabole attribuée à l’hindouisme :
 

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Il y eut un temps où les hommes étaient des dieux, mais ils abusèrent de leur divinité au point que Brahma décida de leur ôter ce pouvoir pour le cacher. Les dieux se réunirent pour décider où le dissimuler.
 

Un dieu proposa : « Cachons la divinité au plus profond de la Terre. »
Brahma répondit : « Non, car l’homme creusera et la trouvera. »
Un autre suggéra : « Plongeons-la au fond de l'océan le plus profond. »
Brahma répondit : « Non, car l’homme finira par explorer les fonds marins et la remontera. »

 

Après de longues délibérations, Brahma déclara : « Cachons la divinité au seul endroit où l’homme ne pensera jamais à chercher : tout au fond de lui-même, au plus profond de son cœur. »
 

Et depuis ce temps, dit la légende, l'homme ne cesse de creuser la terre, de plonger l'océan, et d’explorer l'espace, à la recherche de ce qui est déjà caché en lui.
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Cette invitation à regarder à l’intérieur n’est d'ailleurs pas propre à la culture hindoue.  Elle existe :
 

  • Dans les Évangiles chrétiens : « Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au-dedans de vous. »  — Luc 17:20-21
     
  • Dans la philosophie bouddhiste : « La paix vient de l'intérieur. Ne la cherchez pas à l'extérieur. »  — Bouddha
     
  • Dans l’Islam : « Tout l'univers est contenu dans un seul être humain : toi. » — Rumi, poète Soufi
     
  • Dans la philosophie stoïque remontant à l'antiquité : « Les hommes se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d'habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c'est là le fait d'un homme ignorant et peu habile, puisqu'il t'est permis, à l'heure que tu veux, de te retirer en toi-même. » — Marc Aurèle, Empereur et Philosophe Stoïcien
     
  • Ou dans le Taoïsme : « Sans sortir de votre porte, vous pouvez connaître le monde entier. Sans regarder par la fenêtre, vous pouvez voir le Tao céleste. Plus on voit loin, moins on connaît. C'est pourquoi le Saint connaît sans bouger, identifie sans voir, accomplit sans faire. » — Lao Tseu

 

L’addiction ou la compulsion, c’est exactement cette expérience humaine de rechercher à l’extérieur, par le biais d’une substance (sucre, alcool, cigarette, drogues, médicaments) ou d’un comportement (jeux d’argent, sexe, travail à outrance, boulimie) un état de paix, de bien-être, de liberté, de confiance.

Mais une fois arrivés à l’usure de nos addictions, quand celles-ci présentent trop de conséquences négatives sur notre vie, notre état, notre santé, notre quotidien et/ou nos relations, nous sommes alors fortement invités – du moins si l’on souhaite retrouver une vie heureuse, saine et épanouie – à regarder à l’intérieur.

 

Comme si l’addiction nous avait coincé / poussé dans nos retranchements pour nous amener enfin à nous tourner vers notre intuition, nos ressentis et tout ce qui compose ce monde intérieur. Cet intérieur, certains l’appellent aussi “l’âme” quand d’autres l’appellent “le cœur”.
 

Elle pourrait se résumer à notre vérité profonde qui ne peut émerger que si nous écoutons avec attention et patience nos ressentis, quels qu’ils soient, seul chemin viableaprès avoir mûrement goûté à la souffrance engendrée par l'évitement de nous-même.


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