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Comprendre l'addiction

Addiction : Un autre regard sur le déni

Le déni est souvent un mot utilisé par les autres ou par la partie de nous qui culpabilise d'un comportement que nous avons. C'est l'étape où il nous est encore difficile de prendre pleinement conscience des conséquences négatives que notre habitude a sur nous et / ou notre entourage.

6 septembre 2026 · 4 min.

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Addiction : Un autre regard sur le déni

Le déni, c'est quoi exactement ?

Le déni est souvent un mot utilisé par les autres ou par la partie de nous qui culpabilise d'un comportement que nous avons.

Le déni, c'est l'étape où il nous est encore difficile de prendre pleinement conscience des conséquences négatives que notre habitude a sur nous et / ou notre entourage.

D'ailleurs le déni n'est pas seulement valable à l'échelle d'une personne ayant des comportements nocifs (addiction, agressivité, violence, isolement), il existe également à l'échelle de la société (pollution, surproduction, sur-usage du plastique, abus de pouvoir, etc.)

Les signes du déni…

Comment savoir si je suis dans le déni ?

Cette question n'est pas évidente et d'ailleurs, en ce qui concerne le sujet des addictions, je ne crois pas qu'elle soit la question la plus pertinente non plus…

Mais imaginez que je vous propose de faire ce test pour savoir si oui ou non vous souffrez d'une addiction et qu'une partie de vous ne veuille pas faire ce test (peur du résultat et des émotions que ce résultat puisse engendrer, pas envie d'y penser alors que pourtant vous lisez cet article), il se peut qu'une partie de vous soit en déni…

Faire le test d'addiction en ligne →

Voici quelques signes plus concrets de ce sentiment souvent mal compris :

  • Évitement : c'est un sujet qui génère des peurs, angoisses et je préfère l'éviter, tout comme les émotions qu'ils génèrent chez moi (malaise, peurs, frustration, etc.)
  • Pensées permissives : je trouve toujours tout un tas de bonnes raisons pour poursuivre cette habitude (« il faut bien mourir de quelque chose » ; « carpe diem » ; etc.)
  • Minimisation : je relativise l'ampleur ou la fréquence de mon comportement (« ce n'est pas si grave », « je pourrais faire pire », « ça reste raisonnable »)
  • Comparaison sociale : je me rassure en me comparant à des personnes qui vont « plus loin » que moi (« je ne suis pas comme untel », « je gère mieux que d'autres »)
  • Illusion de contrôle : je suis convaincu de pouvoir arrêter quand je le déciderai vraiment (« je peux arrêter quand je veux », « ce n'est pas une vraie dépendance »)
  • Déresponsabilisation : j'attribue mon comportement à des causes extérieures plutôt qu'à moi-même (le stress, le travail, mon entourage, « c'est la faute de… »)
  • Report indéfini : je repousse sans cesse le moment de m'interroger ou d'agir (« après cette période chargée », « l'année prochaine », « quand ce sera plus calme »)
  • Focalisation sur les bénéfices immédiats : je ne pense qu'au soulagement ou au plaisir instantané, en occultant les conséquences à moyen et long terme
  • Dissimulation / isolement : je cache ou minimise mon comportement auprès de mes proches, je m'isole sur ce sujet précis
  • Réaction défensive : je deviens irritable, sur la défensive ou fermé dès que quelqu'un aborde le sujet avec moi

Plus de détails sur les pensées permissives →

Qu'est-ce qui peut faire durer le déni ?

Les « mythes positifs » de la société

Il suffit d'aller au cinéma ou d'écouter quelques paroles de chanson pour réaliser à quel point la consommation d'alcool ou de substances est encore largement associée à des traits de personnalité positifs.

Et ce phénomène est encore plus amplifié par la société de consommation, qui s'évertue à coup de publicités de nous bercer dans cette illusion : « je consomme donc je suis ».

L'alcool, synonyme de force et de masculinité : un James Bond ou un Lucifer qui boivent tout au long du film, en conservant des silhouettes d'Apollon, des capacités physiques surhumaines et une extra-lucidité pour sauver le monde… crédible ou pas ?

La cigarette et le pétard, synonyme de l'artiste rebelle et cool : à l'image d'un Bob Marley, d'un Snoop Dogg ou d'un Serge Gainsbourg, beaucoup d'artistes et de rêveurs se sont laissés acheter l'idée qu'en fumant ils deviendraient cools. Une caricature là-aussi bien loin de la réalité pour la majeure partie d'entre nous.

Les drogues, symboles d'un esprit rock n' roll, désinvolte et libre : depuis les beats (Jack Kerouac, Allen Ginsberg), les hippies jusqu'aux Rolling Stones, beaucoup ont renforcé cette croyance que la consommation pourrait les affranchir du « système » et de la société. Illusion coûteuse qui a créé beaucoup de choses, sauf plus de liberté !

La peur du regard des autres

Admettre son addiction par exemple, c'est prendre le risque d'être jugé, rejeté ou abandonné par les autres. Le regard que la société porte sur l'addiction est souvent très jugeant : elle voit ça comme un « manque de volonté » ou une « faiblesse ».

Pourtant, nombreux sont les hommes et les femmes qui ont apporté beaucoup de richesses à notre monde, bien qu'ils aient, tout au long ou à un moment de leur vie souffert d'une ou plusieurs addictions :

  • Edith Piaf : voix mythique de la chanson française — dépendante à la morphine et à l'alcool.
  • Lise Meitner : physicienne de la fission nucléaire, dépendante aux stimulants.
  • Robin Williams : acteur de génie — addiction à l'alcool et la cocaïne.
  • Ray Charles : pionnier de la soul — dépendance à l'héroïne.
  • William Stewart Halsted : père de la chirurgie moderne — dépendant cocaïne + morphine.
  • Sigmund Freud : fondateur de la psychanalyse, dépendant à la cocaïne.
  • Winston Churchill : leader politique héroïque de 1940, dépendant à l'alcool.
  • André Agassi : légende du tennis, addiction à la méthamphétamine.

Le manque d'outils pour affronter la réalité

Pour beaucoup, le déni a aussi fortement tendance à perdurer car la réalité paraît si difficile et douloureuse qu'ils préfèrent continuer à l'éviter jusqu'à rencontrer l'éventualité de la mort ou de la destruction :

  • un problème de santé grave
  • des pensées suicidaires
  • la mort d'un.e proche
  • une séparation douloureuse
Le changement intervient quand la souffrance de ne pas changer devient plus grande que la peur de changer.

Pour certains, donc, il faut un déclic. Et malheureusement ce déclic est souvent douloureux… mais parfois nécessaire. Évidemment, pour les proches, c'est quelque chose de très difficile, voire impossible à entendre.

NB. Voici d'ailleurs quelques recommandations à l'égard des proches pour accompagner au mieux l'addiction d'un proche.

Proches : codépendance, impuissance et approche systémique →

Quelles sont les prochaines étapes ?

J'ai déjà compris que j'étais dans le déni… ok, super mais alors que faire ensuite ?

1. D'abord se déculpabiliser

D'abord se déculpabiliser de cette potentielle addiction. La culpabilité peut être un déclic pour changer les choses mais certainement pas un outil pour sortir de l'addiction. Notre meilleur outil reste avant tout la compréhension de notre fonctionnement.

Pourquoi je n'arrive pas à arrêter ? →

2. Adopter une meilleure posture

Puis comprendre comment adopter une meilleure posture face à l'addiction pour éviter justement de la subir ou de s'autoflageller pour se sentir encore plus mal. Et le plus simple à ma connaissance, c'est d'envisager l'addiction comme un piège à loup…

Comment réagir face à l'addiction : l'image du piège à loup →

Pour approfondir votre démarche ensuite, je vous invite à consulter ces autres articles ici :

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Observer consciemment : le yoga du choix et de la liberté →

Le craving : la vague qui monte, et qui redescend →

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