Comprendre l'addiction
Le craving : la vague qui monte, et qui redescend
Une envie intense et soudaine, qui surgit sans prévenir et prend toute la place, empêchant ainsi toute forme de concentration et la difficulté à penser à autre chose. Ce n'est pas un manque de volonté et surprise, ce n'est pas non plus, comme il est dit trop souvent, une dépendance physiologique au produit.

La vague du craving
Le craving est une envie intense et soudaine qui incite à la consommation ou à une action compulsive (jeux, sexualité, toc de vérification, etc.), c'est-à-dire, sans maîtrise possible. Elle surgit sans prévenir et prend toute la place pendant un certain temps.
Elle n'a rien à voir avec un manque de volonté : c'est une réaction automatique, donc intérieure et inconsciente, déclenchée par une situation, une émotion ou un moment de la journée. Elle monte, atteint un sommet, puis redescend.

Ce qui se passe pendant
Cette envie commence rarement par une pensée, ça démarre souvent dans le corps, même si nous n'en avons pas forcément conscience — une tension, une accélération, une sensation de vide. Le mental arrive après, et il est très convaincant.
Pendant ces quelques minutes, tout se rétrécit. Le reste de la journée disparaît, les motivations d'arrêter s'éloignent, et l'envie occupe l'espace entier. C'est notamment ce rétrécissement qui donne l'impression que ça ne s'arrêtera jamais.
Mais le craving est simplement la réponse par défaut de notre esprit pour retrouver un état particulier. Essayer de le calmer sans répondre au(x) besoin(s) sous-jacent(s) coûte énormément de volonté et d'énergie.
Seulement si cette volonté et cette énergie ont déjà été fortement sollicitées par ailleurs, il y a de grandes chances pour que le craving gagne après quelques heures, jours, semaines.
Ce qui le déclenche
Une journée de travail épuisante, beaucoup de sollicitation des enfants, une ou plusieurs situations compliquées à gérer, d'intenses efforts physiques, un coup de fatigue, l'arrivée du week-end… Ce sont les déclencheurs en surface.
Mais beaucoup de personnes découvrent en séance, après quelque temps d'introspection, que leur envie se situe ailleurs. Le craving, l'envie de consommer cherche à répondre à un ou plusieurs besoins émotionnels avant tout (apaisement, pause mentale, énergie, liberté, soulagement, etc.)
En soi, les repérer ne fait pas disparaître l'envie. Mais ça change ce que l'on en comprend : elle cesse d'être un défaut de caractère, une fatalité ou un manque de persévérance pour devenir une exploration profonde des besoins qui sont importants pour notre bonheur et notre capacité à nous sentir vivant.
Le craving et la pensée permissive
Les deux travaillent ensemble. Le craving crée la tension. La pensée permissive fournit l'autorisation : « je me fous la paix aujourd'hui » ; « j'ai eu une journée difficile » ; « il faut profiter de la vie »
Il faudra donc d'un côté comprendre la source du craving, c'est-à-dire le ou les besoins non adressés et de l'autre prendre de la distance avec les pensées permissives pour adopter de nouveaux comportements.
Les envies, les pensées permissives et autres ressorts de l'addiction →
Ce qu'on peut en faire
La réponse classique pour sortir de l'addiction consiste à tenir, coûte que coûte, par la volonté : serrer les dents, attendre que ça passe, recommencer le lendemain. Ça fonctionne parfois mais la plupart du temps ça épuise, puis ça lâche.
C'est la même mécanique que pour les régimes ou les résolutions trop drastiques : ça ne tient jamais dans le temps. Pourquoi ? Parce que la question du plaisir a été complètement bafouée. Seulement sans plaisir perçu, aucune motivation à long terme. La frustration augmente jusqu'à la situation ou l'émotion de trop et patatra, retour à la case départ.
Mes clients et moi travaillons autrement : en cherchant à quoi l'envie cherche à répondre. Une envie n'est jamais là sans raison, elle vise quelque chose — du calme, de l'énergie, du plaisir, un sentiment de confiance. Quand ce besoin trouve une autre réponse, le craving perd de sa force sans qu'on ait plus besoin de lutter contre lui.
Si vous traversez ces vagues régulièrement, il y a une chose à observer avant même de chercher à les arrêter : à quel moment elles arrivent et quelles émotions sont présentes à ce moment-là (ex. ennui, vide, solitude, fatigue, etc.). Ce que vous verrez apparaître est souvent plus simple, et plus utile, que ce à quoi vous vous attendiez.
Premier niveau de diagnostic
Marre d'avancer seul·e ?
Un échange de 45 minutes, gratuit et sans engagement.

- 01Mieux comprendre vos mécanismes liés à l'addiction
- 02Cerner vos enjeux pour en sortir
- 03Valider ensemble si cet accompagnement peut vous aider