Coach et Hypnothérapeute
spécialisé dans les addictions
et les troubles émotionnels

 
 

Antoine Arnoult, Coach et hypnothérapeute à Caen, spécialisé dans les addictions et troubles émotionnels

Coach et Hypnothérapeute
spécialisé dans les addictions
et les troubles émotionnels

 

Qui est le pilote dans l'avion de votre bien-être ?


En France, notamment quand il s’agit de santé, on a tendance à beaucoup plus valoriser les études et les diplômes que l'expérience du vécu.

Ainsi, un médecin pourra généralement être perçue comme plus crédible qu’une personne ayant elle-même vécu et dépassé de nombreuses addictions. Tel quel, cette affirmation ne vous choque peut-être pas, mais si je vous demandais à présent :

Quel pilote choisiriez-vous : celui qui connaît le manuel de vol par cœur, ou celui qui a piloté pendant des milliers d’heures l’avion que vous allez emprunter ?


Pourtant, une majorité des personnes à qui l’on délègue notre santé a passé une majeure partie de son cursus à apprendre par cœur et à théoriser, loin du terrain. J'insiste ici sur le contenu des études universitaires, dont la pertinence pratique est souvent limitée, non sur l'expérience clinique acquise par la suite.


Maintenant, vous conviendrez que dans un monde meilleur, ce serait super si le pilote expérimenté et l’expert du manuel volaient de concert. Seulement dans notre monde actuel, et notamment en France, c’est très souvent l’expert du manuel (celui qui a fait des études) qui pilote et le pilote expérimenté est relégué au rang de passager.

Alors pourquoi déléguons-nous le pouvoir de notre bien-être si facilement aux personnes diplômées (principalement sur une base théorique, donc) ? 
 

Ce déséquilibre est un phénomène bien connu qu’on appelle le biais d'autorité. Il décrit notre tendance à être plus influencés par les opinions des figures d'autorité (la "blouse blanche") sans évaluer leur contenu de manière critique.
 

Ce biais a été démontré par l'expérience de Milgram, dans laquelle des participants étaient incités par un professeur en blouse blanche à administrer des décharges électriques de plus en plus importantes (fictives, mais perçues comme réelles par les participants) à un sujet donné (un acteur).
 

Une majorité écrasante de ces participants a poursuivi l’expérience jusqu’à la charge électrique maximale, simplement parce que l’autorité disait : "Continuez, l'expérience exige que vous continuiez."
 

Cette étude a démontré l'immense pouvoir de la légitimité du statut sur la prise de décision, expliquant pourquoi tant de personnes peuvent agir contre leur propre jugement sous la contrainte de l'autorité.
 

J’ai pu notamment constater cet aspect chez de nombreuses personnes que j’accompagne au quotidien dans la sortie des addictions et qui se trouvent soumises à recourir à des solutions médicamenteuses malgré leur désaccord intérieur.
 

Je me suis moi aussi retrouvé face à ce dilemme il y a des années, où, après une crise d’épilepsie, on m’avait fortement indiqué de prendre un traitement à vie, à la suite d’une électroencéphalographie. Mais, sachant que c’était mon premier épisode épileptique et que le contexte y était pour beaucoup (période compliquée et très stressante), j’ai refusé cette dépendance proposée, avec malgré tout un doute face à l’autorité… 
 

Ai-je bien fait ? Ma conviction aujourd’hui est bien sûr ! Et ce, d’autant plus que le médecin en question n’a jamais pris le temps de m’interroger sur le contexte en question. D’ailleurs, je n’ai jamais refait de crise depuis…
 

Ce que je constate régulièrement, c’est que beaucoup d’entre nous ont appris à délaisser leur intuition personnelle et à ne plus se faire confiance lorsqu’il s’agit de leur santé.

Maintenant, si on revient à la métaphore de l’avion, il y a finalement trois potentiels pilotes à considérer :

  • Pilote 1 : la personne qui fait l’expérience de l’addiction, on pourrait dire que c’est la mieux placée pour observer ses réactions (l’extérieur vu du cockpit) et ses ressentis (le  tableau de bord de l’appareil)

  • Pilote 2 : celle ou celui qui a piloté un avion similaire pendant des milliers d’heures. C'est-à-dire une personne qui a rencontré beaucoup de difficultés de pilotage dans des conditions comparables à celles vécues par le premier, ici l’addiction.

  • Pilote 3 : l’expert du manuel de vol, il connaît l’appareil et le plan de vol sur un plan scientifique, conceptuel et technique, mais il n’a pas forcément fait l’expérience lui-même des conditions vécues par le premier et le second.
     

J'ignore pour vous, mais pour ma part, je laisserais la première personne aux commandes parce que c’est bien elle qui a la vision la plus précise de ce qu’il se passe. Bien sûr, en travaillant avec elle d’abord depuis un simulateur, pour lui éviter de se mettre elle, l’équipage et les passagers en danger.

Ce, en collaboration étroite avec la seconde (le pilote expérimenté) pour l’épauler et lui donner toutes les clés qui lui ont été jadis nécessaires pour acquérir la confiance en ses capacités de vol. 

Et, en dernier lieu, je ferais appel à l’expert du manuel, le technicien, pour apporter certaines informations spécifiques, si besoin et en cas de problème technique sur le vol.

Seulement aujourd’hui, trop souvent, c’est le technicien qui pilote et les deux autres sont invités à rester sagement assis avec les autres passagers.

Ce déséquilibre, où le technicien pilote et les autres sont passagers, est une preuve, parmi d'autres, que notre système de santé privilégie, de manière réflexe, la légitimité institutionnelle, théorique et/ou scientifique.

Sûrement un héritage de notre conditionnement scolaire où nous avons appris à rester sagement assis à écouter nos enseignants, avec bien peu d’espace pour l’échange et l’expérimentation. Un environnement dans lequel le savoir-être et le savoir-faire ont été largement relégués au profit du savoir théorique.

C'est pourquoi le premier pas vers la liberté est de reprendre les commandes et de reconnaître que vous êtes le meilleur pilote de votre propre vie, parce que vous la connaissez mieux que quiconque. Vous vivez avec vous-mêmes 24h sur 24h alors qu’un médecin ou un thérapeute ne vous côtoie au plus qu’une heure ou deux par semaine.

Attention, le point ici n'est pas de renier l’expertise technique du manuel ou de rejeter toute forme d’aide qui puisse vous être utile, notamment médicale, mais de vous inviter à prendre contrôle de votre tableau de bord (vos ressentis, vos pensées, vos émotions, votre intuition) et à développer votre discernement pour bien choisir vos copilotes.

La bonne nouvelle par ailleurs, c’est que la force du vécu reste populaire et inspirante auprès des lecteurs. En effet, les livres qui ont de loin le plus séduit au sujet des addictions sont des témoignages personnels :
 

  • La Méthode Simple pour en finir avec la cigarette (Allen Carr)

  • Le Dernier Verre (Olivier Ameisen)

  • Le Bonheur inattendu de la sobriété (Catherine Gray)

 

Einstein disait : “Il n'y a qu'une seule façon de convaincre : en montrant l'exemple. Il n'y en a pas d'autre.” Avec l’intime espoir que ce livre puisse alors s’ajouter à ces sources d’inspiration par l’exemple.


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