Une invitation à sortir de la roue...
Bonne année sciemment retardée !
Je m'étais d'abord dit que j'allais tout faire pour envoyer ce mail avant la fin janvier. Et puis j'ai finalement décidé que les conventions pouvaient bien, là encore, déclarer forfait.
Si la planète et les neurones d'aujourd'hui ont tendance à tant surchauffer, c'est probablement qu'il est urgent de ralentir. Et ça commence sûrement par les obligations de principe : celles qui naissent, entre autres, de la culpabilité, de la peur du jugement et qui n'ont finalement, en elles-mêmes, pas grand intérêt.
Il y a déjà tant d'occasions d'être pressé dans cette vie...
D'ailleurs je constate chaque jour qu'une des voies les plus efficaces pour apaiser notre état, notre entourage, notre société et régénérer notre habitat terrestre, consiste justement à sortir, autant qu'il nous est possible, de cette roue dans laquelle nous courons bien plus souvent que nous le souhaitons vraiment.
Notamment pour prendre enfin le temps de se reconnecter à nos envies et à nos intentions...
Le doux mythe des résolutions
Voilà, on y est... à l’aube de l’année où beaucoup d’entre nous aspirent à devenir une « meilleure version de soi-même ».
La fleur au fusil et remplis de bonnes intentions, nous nous habillons de nouvelles résolutions. Après tout, c’est l’occasion : si l'année change, pourquoi pas nous ?
Mais j’ai beau adorer la force du changement et ce privilège, en tant que coach et thérapeute, de pouvoir l’accompagner, je déteste les résolutions !
Pourquoi ?
D'abord parce qu'elles sonnent moins comme des envies vibrantes que des obligations. Et parce qu’elles reposent aussi, presque toujours sur une ressource que nous surestimons bien trop souvent : la volonté.
Notre volonté est une ressource limitée...
Si le matin, on a la chance de la retrouver à 100 %, il est très probable qu’après une journée remplie de sollicitations, de décisions à prendre et de micro-frustrations, elle soit épuisée.
Et cet élan qui pouvait nous paraître au départ attractif, plein d'aventure, de promesses et de nouveauté, devient rapidement une contrainte de plus que l’on s'ajoute... et que l'on finit fatalement par abandonner.
La question, alors, est celle-ci : Que manque-t-il donc à ces résolutions pour pouvoir fonctionner ?
De la résolution aux besoins
D'abord, il leur manque généralement du sens !
Certes, il y a toujours une bonne intention au départ : "je vais aller à la gym pour retrouver une ligne / carrure digne de ce nom !" mais la question s'arrête vraiment trop tôt.
Se fixer une résolution qui nous demande pas mal de volonté avec des raisons partiellement explorées, c'est un peu comme tenir un très grand cerf-volant avec le pli du petit doigt, la tension est trop forte par rapport à la prise.
Il est donc nécessaire pour qu'elle tienne, que cette résolution soit rattachée à des besoins profonds, importants.
Ex. Si je retrouve la ligne...
- Je me sentirai bien dans ma peau, avec moi-même (bien-être, estime)
- Je me sentirai plus à l'aise socialement (connexion)
- J'aurai envie de sortir et de séduire à nouveau (aventure)
- Je pourrai mettre des vêtements qui me plaisent vraiment (esthétique)
- Je pourrai reprendre ces activités physiques qui me plaisaient avant (plaisir)
- Je pourrai jouer dehors avec mes enfants plus souvent (partage)
Plus les raisons sont justes, nombreuses, vivantes et profondes, plus la volonté s'en trouvera renforcée. À l'inverse, beaucoup de résolutions s'éteignent à juste titre, parce que les motivations sous-jacentes sont trop faibles ou superficielles.
La question du choix
Je me vois encore adolescent, dans un débat houleux et sûrement trop arrosé, avec un ami qui me soutenait mordicus, qu’il se considérait totalement imperméable à la société de consommation et à son influence. Je le trouvais tellement présomptueux... d'ailleurs je le pense toujours.
Soyons honnêtes : notre volonté n’est jamais tout à fait "droite". Elle est en permanence courbée par le champ magnétique, parfois invisible, des sollicitations extérieures.
Les publicités bien senties, les marques et les algorithmes qui nous étudient, les odeurs de la boulangerie, l'ami qui nous envoie en direct ses photos de ski, ou ce fil d'actualité qui n'a de cesse de nous murmurer que la vie est plus belle, plus excitante ou plus libre ailleurs...
Nous baignons dans une mer d'incitations, souvent bien agitée.
Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il y a aussi une manière de tourner cette inclination consommatrice à notre avantage : en se créant du choix. Notre liberté ne réside pas dans la discipline systématique ou l'abstinence forcée, mais dans la richesse de notre menu pour répondre à nos besoins, préalablement identifiés (sérénité, connexion, aventure, créativité, etc.)
Se créer du choix, un menu d'activités consciemment élaboré en fonction de ces besoins, c'est reprendre le pouvoir sur tous les choix par défaut que nous aurions faits sinon.
C'est avoir la capacité de se dire qu'en fonction de notre humeur du moment, de notre niveau d'énergie ou des conditions extérieures, nous aurons toujours une alternative nourrissante et appropriée sous la main et sinon, nous la créons.
En résumé, on ne part plus de la résolution, mais de ce qu'on aimerait ressentir. Et en fonction du besoin identifié, on construit, petit à petit, un panel d'actions ou d'activités pour nous aider à y répondre.
C'est alors l'émotion positive recherchée qui nous guide et le choix qui nous stimule. Et c'est une manière, sûrement pas la seule, de créer une vie stimulante et surtout moins sujette à la frustration.
