Coach et Hypnothérapeute
spécialisé dans les addictions
et les troubles émotionnels

 
 

Antoine Arnoult, Coach et hypnothérapeute à Caen, spécialisé dans les addictions et troubles émotionnels

Coach et Hypnothérapeute
spécialisé dans les addictions
et les troubles émotionnels

 

Proches : Codépendance, Impuissance et Approche Systémique

À l’attention de l’entourage

Ce n’est jamais évident de voir quelqu’un qu’on aime et qui nous est proche, se perdre dans des comportements destructeurs. Nous nous sentons d’abord impuissants, à jongler entre la préservation de notre propre équilibre psychique et l’apport de tout le soutien possible envers le/la proche en question.


Il vous est même peut-être arrivé de constater que ce soutien pouvait devenir paradoxalement néfaste. C’est ce que l’on appelle la relation de codépendance, où l’on tend à placer les besoins, les émotions et les problèmes de l'autre (souvent un partenaire, un membre de la famille, ou une personne ayant une addiction ou un dysfonctionnement) au-dessus des siens. On se sent alors responsable du bonheur ou du bien-être de l'autre.

Ces relations de codépendance sont une forme de dépendance affective avec souvent plusieurs aspects communs :

  • La difficulté à exprimer nos limites : on a du mal à dire "non", à établir des limites saines et à exprimer nos propres besoins ou sentiments, ce qui provoque à la longue, une forme de ressentiment grandissant à l’égard de celle ou celui qu’on aimerait soutenir.
     

  • Une faible estime de soi : notre sentiment de valeur personnelle dépend fortement de notre rôle de "sauveur" ou de notre capacité à contrôler, à aider ou à prendre soin de l'autre.
     

  • Une négligence de soi : nous avons régulièrement tendance à négliger nos propres aspirations, intérêts et bien-être pour se dévouer à l'autre.
     

Il n’est d’ailleurs pas rare que la personne co-dépendante développe aussi une forme addictive (boulimie, par exemple) pour compenser toute l’énergie dépensée dans la relation qui présente en général un fort déséquilibre : l’un se donne tout entier quand l’autre consomme la relation sans y contribuer. 


Alors, que faire ?
 

Il y a quelque temps, une mère m'a contacté, ayant récemment appris que son garçon d'une trentaine d'années souffrait d'une addiction à la cocaïne.
 

Elle souhaitait dans un premier temps du soutien et des conseils pour pouvoir appréhender la situation, d'autant que cette addiction avait déjà engendré plusieurs conséquences dommageables sur son équilibre matériel et relationnel.
 

Ensemble, nous avons réfléchi à la meilleure posture à adopter face à la situation, mais surtout, rapidement, nous avons exploré comment cette situation venait réveiller, chez elle, de nombreuses émotions anciennes, liées à son propre passé, autant dans l'enfance que dans la parentalité.


Pourquoi est-ce riche de voir les choses ainsi ?


Parce que soudain, cette maman qui était arrivée avec un grand sentiment d'impuissance, constatait, par le biais de nos efforts à explorer ses émotions, qu'elle avait finalement à disposition, tout un tas de choses à l'intérieur dont elle pouvait s'occuper, pour aider son fils indirectement.


Dans une de ces nombreuses conférences sur notre chemin spirituel, Eckhart Tolle déclare : “Si le monde extérieur semble sans issue, c'est sûrement que l’issue recherchée est à l'intérieur."

 

En d'autres termes, s’il n'y a aucune autre manière d'aider ceux qu'on aime à emprunter le chemin de la guérison, il restera toujours celle de guider par l'exemple : en entamant ou en poursuivant ce chemin soi-même. Sinon, on prend le risque de se condamner à vie à se sentir impuissant face à la souffrance de ceux qui nous entourent.

Dans l'esprit de l'approche systémique (un gros mot de la psychologie pour expliquer à quel point nous sommes interconnectés, notamment sur le plan émotionnel), on pourrait s'imaginer comme l'un des rouages d'une horloge et nos proches comme tous les autres rouages qui nous entourent.


En s'assurant que notre rouage (notre esprit) s'oriente progressivement et solidement vers la clarté de nos émotions, de notre intuition, de nos besoins, de nos limites, notre manière d'être aux autres et la justesse de nos actions, nous offrons à ceux qui nous entourent un repère rassurant et inspirant, pour les aider à retrouver le chemin vers leur propre bien-être.


Et chose miraculeuse, son fils s’est finalement investi dans un accompagnement quelques semaines plus tard. 


Évidemment, cela demande le courage de prendre sa part de responsabilité et de faire face à ses propres inconforts. Mais le cadeau à la clé, c'est qu'alors, la situation ne nous apparaît plus comme une souffrance à subir, mais comme un chemin pour grandir, d'abord seul.e, à l’intérieur, puis ensemble.
 

Pour citer encore Eckhart Tolle : « Vous trouvez la paix non pas en réorganisant les circonstances de votre vie, mais en réalisant qui vous êtes au niveau le plus profond. »

Dans le cas d’une addiction, il ne s’agit donc pas, en premier lieu, de chercher à tout prix à ramener nos proches, pris au piège de l’addiction, à la raison. Mais plutôt d’accueillir et de comprendre tout ce que cela vient réveiller en nous.


Je la remercie d’ailleurs du fond du cœur pour son courage et son implication dans les difficultés que traversait son garçon. Et j'ai envie de partager sa démarche remplie d'amour et d'humilité, dans l'espoir d'inspirer d'autres proches ou d'autres parents à la suivre.


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Création et référencement du site par Simplébo Simplébo

Connexion