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Comprendre l'addiction

Addictions : et si la rechute était en fait une étape nécessaire pour vraiment guérir ?

Alcool, tabac, cannabis, cocaïne ou jeux d'argent : reprendre après quelques jours, semaines ou mois d'arrêt n'est pas un échec. C'est une étape clé de la guérison, à condition de comprendre ce qui se joue.

27 septembre 2026 · 6 min.

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Addictions : et si la rechute était en fait une étape nécessaire pour vraiment guérir ?

Que ce soit pour l'alcool, le tabac, le cannabis, les drogues de type cocaïne ou les jeux d'argent, la reprise de la consommation ou du rituel nocif dans notre quotidien, après un arrêt de quelques jours, semaines ou mois, n'est pas un échec comme on a tendance à le croire. C'est, à l'inverse, une étape clé du processus de guérison, si on prend le temps de comprendre les mécanismes en jeu.

Pourquoi craque-t-on après un arrêt ?

Les raisons d'une rechute après avoir arrêté sont multiples et méritent toutes d'être observées à la loupe, mais nous y reviendrons. En voici quelques-unes majeures :

  • Un arrêt basé uniquement sur la volonté : c'est un peu la même logique que les régimes hyper drastiques. Un arrêt trop strict, sans compréhension des mécanismes qui entraînent l'addiction, porte un énorme risque de rechute. Car, comme évoqué précédemment, la volonté est une énergie limitée, comme une pile qui se vide si elle est trop sollicitée, à force de lutter contre soi-même et ses mécanismes inconscients (par nature plus forts et plus résilients que nos efforts conscients).
  • Des trous dans la raquette : beaucoup de clients qui passent par mes accompagnements rencontrent une ou quelques étapes de rechute. Et c'est un processus normal ! Pourquoi ? Parce qu'au fur et à mesure que nous avançons, nous identifions des situations particulières qui engendrent la consommation : émotions inconfortables (frustration, ennui, colère, déception…), évènements déclencheurs (conflits, évènement social permissif ou incitant à la consommation, perte d'un proche). Et si nous n'avons pas eu le temps et l'occasion de trouver une manière adéquate de répondre à cette situation, l'addiction peut revenir temporairement.
  • L'association au plaisir : si l'addiction est encore principalement associée au critère de plaisir, il y a de grandes chances que dans les moments de frustration, ou simplement après avoir travaillé dur ou contribué avec beaucoup d'énergie à quelque chose, l'addiction reste la récompense par défaut. C'est le signal que la question du plaisir n'a pas encore été vraiment approfondie pour trouver d'autres manières, plus saines, plus vivantes et vraiment choisies, de retrouver ces sentiments positifs (plaisir, bien-être, épanouissement, récompense).
  • La peur du regard des autres : souvent, autour de l'addiction, s'est créé un sentiment d'appartenance à un groupe ou à une identité (artiste rebelle, esprit rock'n'roll…). Parfois, nous avons choisi nos relations parce que nous partagions ces rituels de consommation. Alors même si, pour toutes les meilleures raisons du monde, nous avons décidé de ne plus suivre l'élan collectif du verre de l'amitié, de la cigarette sociale, du calumet de la paix, etc., notre inconscient ancestral nous rappelle à coups de peurs magistrales le risque d'être rejeté ou abandonné par le groupe, de passer pour le rabat-joie ou l'antisocial de service, et de finir seul.e.

Sur la volonté, plus de détails : Pourquoi je n'arrive pas à arrêter ? →

Mais alors pourquoi est-ce si désagréable, une rechute ?

Ce qui rend la reprise d'une addiction si douloureuse, difficile ou inconfortable, ce sont toutes les émotions et les pensées qui viennent se réveiller face à une situation perçue comme un échec :

  • Culpabilité / honte : « Je n'ai aucune volonté » ; « Tous ces efforts pour rien » ; « J'ai tout gâché en une soirée » ; « Je déçois encore une fois ceux qui croyaient en moi. »
  • Résignation / découragement : « Je n'y arriverai jamais » ; « C'est plus fort que moi, c'est dans mes gènes / dans ma nature. » ; « Ça fait des années que j'essaie, rien ne marche : je suis un cas désespéré. » C'est l'impuissance apprise : à force d'essais répétés perçus comme des échecs, le cerveau intègre la croyance qu'aucun effort n'aura jamais d'impact sur le résultat final. Mais bonne nouvelle : avec un peu d'aide, ça peut se déjouer !
  • Autocritique : « Je suis nul.le ! » ; « Je suis un.e faible ! » ; « Je n'ai aucune discipline. »
  • Épuisement passager : « Je suis tellement fatigué(e) de me battre en permanence. » ; « Je n'ai plus la force de tout recommencer à zéro. »

Le problème n'est donc pas la rechute, mais notre réaction face à elle !

Souvent depuis l'école, et notamment chez les profils moins scolaires, on nous a appris à craindre l'échec, comme si le fait d'échouer faisait de nous quelqu'un de « mauvais » ou de « faible ».

En associant la mauvaise note à la honte, nous avons fini par confondre le fait de rencontrer un échec et celui d'avoir, voire d'être, un problème.

Pourtant, quand on se trouve débarrassé de cette culpabilité, l'erreur n'est plus un problème ni un drame. Elle est simplement une information précieuse, une leçon qui nous montre ce qui n'a pas fonctionné pour mieux réussir la fois d'après.

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. » — N. Mandela
« Je n'ai fait aucune erreur, ce sont elles qui m'ont construit. » — C. Price
« Quiconque n'a jamais commis d'erreur n'a jamais tenté d'innover. » — A. Einstein
« Le succès, c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. » — W. Churchill
« Échouer, c'est avoir l'opportunité de recommencer de manière plus intelligente. » — H. Ford

Une autre attitude face à la rechute

Il y a cette phrase de Viktor Frankl que je cite souvent pour faire comprendre simplement, et sans mot savant, l'importance d'observer nos comportements et leurs déclencheurs face à une situation particulière, pour pouvoir s'en libérer. C'est notamment le principe des thérapies cognitivo-comportementales (TCC).

« Entre le signal et notre réponse à ce signal, il y a un espace. Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir. Et dans ce choix réside notre liberté. »
  • Le signal, c'est ce qui se passe factuellement (émotion, événement, pensée, etc.).
  • Notre réponse, c'est notre comportement (la rechute par défaut et, plus tard, la réaction choisie).
  • L'espace, c'est notre capacité à prendre le temps d'observer, puis à choisir ce comportement.

Plus on observe, plus on prend du recul. Et plus on a de recul, plus on peut choisir son comportement dans une situation donnée.

Observer consciemment : le yoga du choix et de la liberté →

Alors concrètement, que fait-on suite à une rechute ?

1. Observer, sans prendre parti, les émotions liées à la rechute

D'abord, on observe les émotions inconfortables qui accompagnent la rechute (culpabilité, honte, sentiment d'échec, d'impuissance, etc.).

Notre meilleur refuge, à ce moment-là, est d'aller dans le ressenti physique plutôt que dans les pensées quand ces émotions arrivent. De la même manière qu'on s'installerait au niveau du tronc de l'arbre plutôt qu'à la cime, si une tempête arrivait alors que nous nous trouvions en forêt.

Pour rendre ça plus facile, on peut nommer ces émotions (« tiens, je ressens de la culpabilité », « je ressens de la honte ») et les ressentir jusqu'à ce qu'elles passent.

2. Observer factuellement ce qui s'est passé

Quelle situation a déclenché l'envie de consommer ?

  • Une émotion ou une sensation particulière (angoisse, solitude, coup de stress, gorge serrée, tension dans l'estomac, etc.)
  • Un évènement particulier (un conflit avec un proche ou dans le cadre professionnel, la date anniversaire d'un moment difficile, une fête, une soirée, des retrouvailles)
  • Un état recherché (plaisir, soulagement, détente, liberté, bulle)

3. Visualiser, imaginer, expérimenter de nouvelles réponses

En passant suffisamment de temps à l'intérieur pour accueillir ces émotions, situations ou besoins émotionnels, on découvre que notre intuition va progressivement créer de nouvelles manières de répondre à ces situations, plus adaptées à notre bonheur (plaisir, épanouissement, santé, bien-être global).

Comment aborde-t-on ça en séance ?

Tout ce travail est parfois compliqué à réaliser seul.e, parce qu'il faut être à la fois l'observateur et le guide. Et si notre énergie est déjà sollicitée par ailleurs (travail, famille, défis du quotidien) et que notre muscle d'observateur (notre conscience) n'est pas encore très développé, cela peut prendre beaucoup de temps !

C'est donc à cette étape que le fait d'être accompagné est particulièrement utile : on peut se laisser totalement immerger dans l'accueil des émotions inconfortables, la visualisation des situations liées à la rechute récente ou potentielle, et la création intuitive de nouvelles stratégies.

D'un côté, l'hypnose interactive nous permet à la fois :

  • de développer une connexion directe et naturelle avec les états recherchés à travers l'addiction (pause mentale, bulle, motivation, liberté, plaisir, confiance, etc.) ;
  • d'accueillir et de mettre à distance toutes les émotions inconfortables qui empêchent de maintenir et de faire grandir naturellement ces états recherchés ;
  • de visualiser et de transformer les situations à risque (celles où une rechute est possible) en imaginant et en expérimentant une nouvelle manière d'y réagir, plus alignée et donc débarrassée du réflexe de l'addiction.

De l'autre, le coaching nous aide à construire, d'une façon très abordable, concrète et efficace, de nouvelles habitudes et manières de nourrir les états recherchés (sérénité, plaisir, aventure, confiance).

On regarde comment les mettre en place simplement, progressivement, et toutes les barrières qui pourraient empêcher leur réalisation. Tout ça sans question d'effort ou de discipline. L'accent est toujours mis sur le plaisir et sur les aspects pratiques. S'il y a effort, c'est qu'il y a blocage. Ce que l'on recherche ensemble, c'est une démarche qui coule de source, la source naturelle de l'envie et de l'épanouissement.

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Silhouettes en montagne : une main tendue pour aider à gravir le sommet
  1. 01Mieux comprendre vos mécanismes liés à l'addiction
  2. 02Cerner vos enjeux pour en sortir
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